Estimation de l'urgence d'engager le rajeunissement

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Cette tâche se limite à la détermination de l’urgence d’engager le rajeunissement en rapport avec les dimensions cibles standard <ref>cf. État cible de chaque unité de traitement pour la signification de cette notion</ref>. La sélection des peuplements en considération des dimensions cibles particulières (vieux bois, assortiments de faibles dimensions) s’effectue selon les guides pour le façonnement des peuplements (cf. Guide pour le façonnement des peuplements et de la mosaïque qu'ils composent). La détermination de l’urgence d’engager le rajeunissement procède de la volonté d’utiliser au mieux le potentiel de production des peuplements et la capacité de production des stations sur lesquelles ils se trouvent. La Fig. 62 infra visualise les bases théoriques pour l’estimation du degré d’urgence et de la marge de manœuvre à disposition (cf Objectifs et cadre de la planification sylvicole). Seule la production de bois est prise en considération pour ce faire<ref>cf. État cible de chaque unité de traitement pour les raisons de cette restriction</ref>.

Fig. 62 Bases théoriques pour la détermination de l’urgence d’engager le rajeunissement et de sa marge de manœuvre (sur la base de Bachmann, 1968) <ref>BACHMANN, P. 1968: Untersuchungen zur Wahl des Verjüngungszeitpunktes im Waldbau. Beih. Schweiz. Z. Forstwes. Nr. 42, Zürich.</ref>

Les flèches en gris claires sont en rapport avec le potentiel de production. La flèche et les symboles ‘-‘ et ‘+’ foncés sont en relation avec la capacité de production. L’étoile correspond au moment optimal pour l’engagement du rajeunissement.

La culmination de l’accroissement moyen de valeur totale correspond au moment opportun pour rajeunir le peuplement. La définition d’un seuil acceptable de perte de productivité sert à la détermination de la marge de manœuvre à disposition. Cette marge de manœuvre peut être réduite en tenant compte des risques plus ou moins importants de perte de productivité, tels que la dépréciation de la qualité des bois ou le danger de chablis. La prise en compte de la capacité de production permet de compléter l’information sur cette marge de manœuvre en exprimant certaines tendances en la comparant avec la productivité des peuplements. Le dépassement de la capacité de production peut être conséquent à une qualité des tiges meilleure de ce qui est attendu ou peut être en relation avec une dynamique de croissance plus forte en comparaison de la période de production standard concernée. Ce dépassement implique un avancement du point de culmination de l’accroissement moyen de valeur totale du peuplement (cf. Dimensions cibles et périodes de production par essence). Une exploitation précoce du peuplement peut ainsi se justifier. Bachmann (1990) <ref name="Bachmann1990">BACHMANN, P. 1990: Produktionssteigerung im Wald durch vermehrte Berücksichtigung des Wertzuwaches. Ber. Eidg. Forsch. Anst. WSL., Nr. 327.</ref> montre cependant qu’il peut être intéressant de repousser <ref>repousser s’entend par rapport au point de culmination de l’accroissement moyen de valeur totale</ref> le rajeunissement aussi longtemps que l’accroissement courant de valeur est supérieur à la capacité de production. Il s’agit de profiter de cette productivité supérieure à la moyenne. La question est de savoir s’il est possible d’atteindre à nouveau cette même productivité sur la station qu’occupe le peuplement. Si c’est le cas, il est préférable d’avancer le rajeunissement. Comme il n’est pas possible de trancher de manière générale, un signe ‘+’ est présenté dans la fig. Fig. 62 supra. Le signe ‘-‘ est utilisé pour mettre en évidence une productivité inférieure par rapport à la capacité de production. Dans le cas d’une productivité particulièrement faible par rapport à la capacité de production, il est souhaitable d’engager le rajeunissement le plus tôt possible. La grande partie de ces critères est en rapport direct avec les essences qui composent les peuplements. En conséquence, un peuplement est non seulement considéré dans son ensemble, mais aussi en autant de parties que d’essences en présence. L’information obtenue pour chaque essence d’un peuplement est à mettre en relation avec celle des autres essences afin de coordonner les coupes de rajeunissement.

Le degré d’urgence est calculé pour chaque essence en présence dans un peuplement au moyen d’une fonction de croissance adéquate et selon les dimensions actuelles et les dimensions cibles de l’essence en question. La marge de manœuvre est estimée sur la base des périodes de production des essences qui représentent plus ou moins l’expression de leur dynamique de croissances. Une décennie n’a pas la même signification pour un peuplement de frênes que pour un peuplement de chênes. Les tendances sont déterminées suivant la dynamique de croissance des essences dans les peuplements en tenant compte des dimensions actuelles et de leur âge, ainsi que de la qualité des tiges selon les essences. Ces deux caractéristiques sont à mettre en relation avec respectivement le couple dimensions cibles / périodes de production et les objectifs de qualités de manière à évaluer le succès de la sylviculture pratiquée. De la description des peuplements, seul le diamètre dominant (ddom) est disponible. L’emploi de cette caractéristique générale des peuplements peut conduire à une sur ou sous-estimation de l’urgence de rajeunissement d’une essence, ce d’autant plus que sa proportion dans le mélange d’un peuplement est faible et que sa dynamique de croissance est différente des autres essences.

Etant donné l’hétérogénéité des peuplements et la croissance relativement faible des arbres à ce stade de développement, la durée d’une période d’intervention est la même que celle d’une période de planification, soit 10 années. La Fig. 63 infra visualise un exemple de l’urgence d’engager le rajeunissement d’une essence dans un peuplement. Le niveau de priorité d’intervention est 'possible'.

Fig. 63 Exemple de l’urgence d’engager le rajeunissement dans un peuplement

Les périodes de rajeunissement particulières et générales influent aussi sur la détermination du moment d'engager le rajeunissement. Selon Bachmann (1990) <ref name="Bachmann1990">BACHMANN, P. 1990: Produktionssteigerung im Wald durch vermehrte Berücksichtigung des Wertzuwaches. Ber. Eidg. Forsch. Anst. WSL., Nr. 327.</ref>, d’un point de vue économique, le moment d’engager le rajeunissement devrait se faire à la fin de la période de production, diminuée de la moitié de la période de rajeunissement particulière à appliquer<ref> Il signale aussi l’importance de la pratique de coupes secondaires qui réduisent aussi peu que possible l’accroissement de valeur. En particulier, il est préférable de procéder à l’exploitation des arbres de valeur avec le plus fort accroissement le plus tardivement possible. Il convient cependant de considérer les facteurs de dépréciation de la qualité des tiges qui risquent d’intervenir, ce d’autant plus si les PRP sont longues.</ref>. Dans le cas concret d'un peuplement, ces périodes sont déterminées en fonction des essences cibles dans le rajeunissement. Les périodes de rajeunissement particulières qui entrent en ligne de compte peuvent être estimées suivant des recommandations pour le choix des essences. Les périodes de rajeunissement générales sont à mettre en relation avec l’étendue de surfaces contiguës à rajeunir qui sont caractérisées par un degré d’urgence similaire. La durée de ces périodes peut être d'autant plus longue que l'étendue de ces surfaces est conséquente. Le sylviculteur dispose cependant d'une grande marge de manœuvre pour décider de cette durée. Il peut jouer sur le nombre, le positionnement et l’étendue des coupes, ainsi que sur le rythme de leur élargissement pour rajeunir plus ou moins rapidement l’ensemble de la surface concernée. La prise en compte des périodes de rajeunissement dans la détermination du degré d'urgence et de sa marge de manœuvre revient à définir le nombre nécessaire de périodes d’intervention pour engager suffisamment tôt le rajeunissement par rapport aux degrés d'urgence des essences.

Voir aussi

Notes et références

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