Discussion: système de gestion intégré

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Les tâches de gestion sont organisées de manière hiérarchique et selon l’ordre de leur accomplissement, si bien que lorsqu’une tâche subit une modification, les tâches concernées par cette modification sont facilement reconnaissables et peuvent être individuellement adaptées selon l’ordre établi. Cette mise en évidence claire des interactions entre les tâches permet de pratiquer une gestion dynamique, en constante évolution avec son environnement pour rester pertinente. Ces interactions sont rendues évidentes par l’organisation des tâches suivant la considération multiscalaire d’un périmètre forestier, soit de l’ensemble du périmètre avec une vision à long terme jusqu’aux mesures à entreprendre à court et moyen terme au niveau des peuplements. Les changements d’orientation stratégiques et/ou conceptuels se traduisent sur l’ensemble des mesures à entreprendre à moyen terme (objectifs d’étape, urgence et modalités d’intervention). Un changement d’orientation est réalisable en tout temps. L’important est d’être conscient des conséquences qui en découlent et de les assumer.

Les changements au niveau stratégique prennent d’autant plus de temps que le nouvel état cible est éloigné de l’état actuel du périmètre considéré. L’état cible défini précédemment est à prendre en considération pour assurer une certaine continuité dans la gestion, en particulier en mettant en valeur les efforts déjà consentis. Les changements de stratégie qui concernent les régimes sylvicoles et la démographie du boisement (essences, âge/dimension cible) ne peuvent se faire qu’à la vitesse de la croissance des arbres. La surface de rajeunissement durable représente l’expression synthétique de cette dynamique selon les objectifs d’ensemble. La diversité d’un écosystème forestier est très importante dans la perspective de réaliser les différents types de peuplement particulier décidés au fil des décennies. Une forêt trop homogène représente ainsi une perte de flexibilité dans le futur (cf. concept d’adaptabilité, Schütz, 2003d) <ref>SCHÜTZ, J.-P. 2003d: Polyvalenter Waldbau – Skript zur Vorlesung Waldbau II. Professur Waldbau, ETH Zürich, Zürich.</ref>.

Les changements au niveau conceptuel concernent avant tout le volume d’intervention par période de gestion et leur intensité <ref>Il peut aussi impliquer l’acquisition d’un savoir-faire particulier.</ref>. Un nouveau concept ne pourra déployer ses effets que dans les peuplements dont le stade de développement n’est pas trop avancé pour les buts recherchés (élagage artificiel, croissance plus forte pour éviter l’apparition de cœurs colorés).

Deux tâches charnières assurent le caractère intégré du système, à savoir l’élaboration des profils sylvicoles et des guides sylvicoles. Les profils sylvicoles servent à mettre en évidence les ressources possibles dans un périmètre et à définir les caractéristiques des écosystèmes forestiers nécessaires à la réalisation des produits stratégiques. Ils représentent ainsi un lien entre l’analyse et la stratégie sylvicole et servent de justification à l’action sylvicole. Ces profils servent de référence pour la mise en valeur de la multifonctionnalité, que ce soit au niveau des arbres (=>essence, dimension<), des peuplements ou de la mosaïque du boisement ( guide de façonnement). Les guides sylvicoles, soit les guides stratégiques et les guides d’intervention, servent à concrétiser les objectifs sylvicoles d’ensemble et à préciser l’état cible souhaité, mais aussi à définir les mesures à entreprendre pour mettre en œuvre la stratégie sylvicole. Les guides sylvicoles mettent ainsi en évidence les besoins d’interventions au niveau des peuplements (objectifs d’étapes, urgence, priorité et modalités). De part leur portée générale, les profils sylvicoles et les guides d’intervention peuvent être regroupés dans des catalogues mis à la disposition des gestionnaires sylvicoles. Les centres de recherche représentent des partenaires importants pour l’élaboration de ces deux types d’éléments de la planification. Ces catalogues sont susceptibles de représenter une plateforme d’échanges non seulement entre chercheurs et praticiens (=>savoir), mais aussi entre praticiens (=>expérience).

La matrice qui met en relation les caractéristiques influençables des peuplements et les interventions sylvicoles avec les principes de gestion permet d’évaluer chaque décision à prendre dans cette perspective et d’intégrer ainsi systématiquement ces principes dans la gestion.

L’intégration se fait aussi entre le travail de planification et le travail sur le terrain, le premier ayant pour but le façonnement d’un écosystème forestier dans son ensemble, le second celui de ses parties, à savoir les peuplements. Les décisions prises dans le cadre de la planification représentent des restrictions qui doivent être justifiées dans la perspective de la réalisation à long terme de la stratégie sylvicole. Ces décisions permettent d’organiser le travail sur le terrain, en particulier d’intervenir au bon endroit, au bon moment, avec des objectifs clairs. Le travail sur le terrain offre à chaque fois l’occasion de confronter les résultats de la planification à la réalité, de les valider ou non, et d’adapter éventuellement la planification en conséquence.

Notes et références

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